Le 10e Baromètre du centre-ville et des commerces, réalisé par CSA Research pour l’association Centre-Ville en Mouvement révèle un paradoxe : les Français restent très attachés à leur centre-ville, mais leur fréquentation baisse. Comment expliquer ce décalage ? Et surtout, comment y répondre ? Voici les enseignements clés du baromètre 2025 du centre-ville et des commerces.
Les Français aiment leur centre-ville – vraiment !
Selon le dernier baromètre du centre-ville publié en mai 2025, 64% des Français se disent attachés à leur centre-ville. Un chiffre stable, qui montre que ces lieux gardent une forte valeur symbolique et affective. L’attachement est encore plus fort dans les communes engagées dans le programme Action Cœur de Ville : 71 % de leurs habitants déclarent y être attachés.
Ce sentiment est particulièrement marqué chez les jeunes adultes : 76 % des 25-34 ans. Preuve que le dynamisme du centre-ville n’est pas la préoccupation des seules anciennes générations : il continue d’incarner un lieu de lien social, de vie quotidienne, de repères culturels et commerciaux pour les plus jeunes.
Une fréquentation en baisse : des signaux à ne pas ignorer
Malgré cet attachement fort, les chiffres de fréquentation sont en recul. 35 % des Français affirment se rendre moins souvent en centre-ville qu’il y a quelques années. Chez les jeunes de 18 à 24 ans, ce chiffre grimpe à 48 %.
La fréquentation hebdomadaire du centre-ville reste majoritaire (69 %, en baisse de 3 points), mais la tendance est fragile. Les habitants restent attachés, mais adaptent leurs comportements.
Quels freins identifiés par les habitants ?
Le baromètre interroge aussi sur les causes de ce recul. Les trois freins principaux sont très clairs :
- 70 % des Français citent les prix jugés trop élevés,
- 57 % pointent les difficultés de stationnement,
- 38 % estiment que l’offre commerciale n’est pas suffisante,
À cela s’ajoute une demande croissante pour des services de proximité : santé, alimentation, animations…
Pour les prochaines municipales, le commerce devient LA priorité
Dans la perspective des élections municipales de 2026, les Français ont été interrogés sur les priorités à donner aux centres-villes. Et la réponse est sans appel :
- 66 % jugent la revitalisation du centre-ville prioritaire,
- La dynamisation des commerces de proximité arrive en tête des attentes (citée par 28 %), devant la sécurité (27 %) et le stationnement (21 %).
Des leviers d’action concrets pour une relance locale
L’étude montre que la solution ne tient pas à un seul levier, mais à une stratégie cohérente et locale. Voici quelques pistes préconisées à la fois pour les collectivités publiques et pour les commerçants.
Pour les collectivités
- Faciliter l’accès au centre-ville (stationnement intelligent, mobilités douces)
- Soutenir les commerces par des outils de dynamisation (carte cadeau locale, chèque commerce, animations)
- Améliorer la lisibilité et la convivialité des centres (signalétique, éclairage, végétalisation, événements)
Pour les commerçants
- Proposer une offre différenciante, de qualité, ancrée localement
- Adapter les horaires à la réalité des usages (notamment actifs et samedis)
- Renforcer leur visibilité en ligne et leur ancrage territorial (réseaux sociaux, partenariats locaux)
Des centres-villes vivants sont encore possibles
Le 10e baromètre le confirme : les centres-villes ne sont pas condamnés, loin de là. Les Français y sont attachés et les considèrent comme des lieux essentiels à leur qualité de vie. Mais pour retrouver un cercle vertueux, il faut agir vite et collectivement.
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