Comment ouvrir un commerce de proximité sans se tromper ? Les conseils d’Olivier Bourdon

Partager l'article

Recevez notre newsletter positive sur le commerce local !

Ces articles vont vous plaire

NOUVEAU !
Le Générateur d'animations commerciales

Auteur du livre J’ouvre ma boutique ! 10 étapes pour créer avec succès son commerce de proximité, Olivier Bourdon accompagne depuis de nombreuses années des porteurs de projet et des commerçants. Choix du local, offre, rentabilité, digital… il partage avec Petitscommerces les erreurs les plus fréquentes et ses conseils pour ouvrir sa boutique sur de bonnes bases, ou relancer son activité quand on est déjà installé.

Parmi les 10 étapes du livre, laquelle est selon toi la plus importante, ou la plus souvent négligée ?

Olivier Bourdon : Il y en a deux qui sont essentielles. La première, c’est le “pourquoi”. Aujourd’hui, beaucoup de personnes veulent ouvrir un commerce parce qu’elles ressentent un mal-être dans leur vie professionnelle et cherchent plus d’épanouissement. Mais elles ne prennent pas toujours le temps de se poser les bonnes questions.

Avant de démarrer par son “pourquoi”, il faut déjà comprendre ce qui ne va pas aujourd’hui. Qu’est-ce que je veux changer ? Qu’est-ce que je ne veux plus ? À partir de là, on peut construire un projet solide.

La deuxième étape souvent négligée, c’est le prévisionnel financier. Je vois encore des gens qui signent un bail sans avoir fait de prévisionnel parce que ça leur paraît compliqué. Pourtant, c’est essentiel. Un commerce, ce sont des plus et des moins : du chiffre d’affaires et des charges. Si on ne regarde pas ça, on n’a aucune visibilité sur la rentabilité de son projet.

Beaucoup de futurs commerçants se focalisent très vite sur le local. Quelles sont les erreurs les plus fréquentes ?

Olivier Bourdon : La première erreur, c’est de choisir un local sans vraiment analyser son environnement. Il faut passer du temps sur place. Je recommande toujours de venir au moins quatre demi-journées à des horaires différents pour observer qui passe dans la rue, qui sont les clients des commerces voisins, et comprendre la dynamique du quartier.

La deuxième erreur, c’est le niveau de loyer. Un indicateur simple : il ne faut pas dépasser 10% de son chiffre d’affaires prévisionnel. Or, aujourd’hui, beaucoup de commerçants sont bien au-dessus, parfois à 20 ou 30%. Et là, le loyer devient un vrai poids.

🔎 Lire aussi : Ce que révèle le 1er baromètre des fonds de commerce en France

Comment construire une offre qui se démarque vraiment aujourd’hui ?

Olivier Bourdon : Le premier conseil, c’est de sortir de sa boutique. L’inspiration ne vient pas en restant enfermé. Il faut aller voir ce qui se fait ailleurs : visiter des commerces dans d’autres villes, participer à des salons comme le Made in France ou la Foire de Paris, rencontrer des créateurs.

Les commerces qui se démarquent sont souvent ceux qui vont chercher des produits différents, des petites marques, des pépites. Et aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, c’est encore plus facile : il suffit de s’abonner à des boutiques similaires dans d’autres villes pour voir ce qui fonctionne chez les autres.

🔎 Lire aussi : Les grandes tendances 2026 à saisir pour booster vos ventes en boutique

Pourquoi autant de commerces peinent-ils à gagner correctement leur vie ?

Olivier Bourdon : Il y a plusieurs raisons. D’abord, beaucoup de commerçants restent trop enfermés dans leur boutique. Ils attendent le client, parfois pendant des heures creuses, sans optimiser leur temps.

Je le dis souvent : une boutique ne doit pas être une prison. Il faut repenser ses horaires en fonction des moments où il y a vraiment du passage, et utiliser le reste du temps pour travailler sa stratégie, ses réseaux sociaux ou même développer une activité complémentaire.

On voit aussi émerger des modèles intéressants comme les co-boutiques, qui permettent de partager les coûts et de limiter les risques. Ou encore des commerçants qui louent des corners à des créateurs pour diversifier leur offre.

Comment générer du trafic en boutique aujourd’hui ?

Olivier Bourdon : Le plus efficace, ce sont souvent les partenariats locaux. L’objectif, c’est de faire venir du monde dans sa boutique, même si ce n’est pas directement lié à son activité.

J’ai l’exemple d’un commerçant qui tient une boutique de running qui a noué un partenariat avec une course locale : les participants viennent retirer leur dossard en magasin. Résultat : des centaines de personnes passent en boutique !

On peut aussi imaginer de la billetterie, de la conciergerie, des événements avec des associations… Il faut être malin et s’adapter aux besoins locaux. Le commerce d’aujourd’hui, c’est aussi un lieu de vie.

Le digital est-il devenu incontournable pour les commerçants ?

Olivier Bourdon : Oui, clairement. Aujourd’hui, ne pas être visible en ligne, c’est être invisible. Les réseaux sociaux sont une deuxième vitrine.

Beaucoup de boutiques, notamment dans le prêt-à-porter, publient tous les jours leurs nouveautés sur Instagram ou Facebook. Et ça fonctionne très bien. Les clients suivent, réagissent, viennent ensuite en magasin.

Il ne faut pas forcément être expert, mais au minimum s’y intéresser et se former à l’IA par exemple. C’est indispensable aujourd’hui.

🔎 Lire aussi : Pourquoi l’intelligence artificielle peut devenir une chance historique pour les commerçants indépendants

Vos conseils s’adressent aussi aux commerçants déjà installés. Qu’est-ce qu’ils peuvent encore changer ?

Olivier Bourdon : La première chose, c’est de prendre du recul. Beaucoup de commerçants sont la tête dans le guidon et n’ont plus de regard extérieur sur leur boutique.

Il ne faut pas hésiter à se faire accompagner, à remettre son activité à plat, à analyser ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne plus. Rien n’est figé.

Je conseille aussi de se former régulièrement. Aujourd’hui, on peut apprendre énormément de choses en ligne. Les commerçants qui réussissent sont souvent ceux qui continuent à évoluer.

Enfin, un point très concret : aller chercher les “fuites de charges”. Ce sont toutes les petites dépenses qu’on ne regarde plus, les abonnements oubliés… Mis bout à bout, cela peut représenter des sommes importantes.

Un commerçant peut-il encore réussir seul aujourd’hui ?

Olivier Bourdon : Je ne pense pas. Aujourd’hui, un commerçant a besoin d’un écosystème. Il doit s’entourer, travailler avec les acteurs locaux, les associations, les autres commerçants, les collectivités.

Je ne connais aucun commerçant qui réussit seul aujourd’hui. On est de plus en plus dans le partage, l’entraide, la solidarité. Et c’est une très bonne chose.

À quoi faut-il s’attendre pour le commerce de demain ?

Olivier Bourdon : Le commerce va continuer à évoluer. On verra probablement plus d’ouvertures, mais aussi plus de fermetures. Les parcours seront moins linéaires : on ne fera plus forcément toute sa carrière dans une seule boutique.

Mais il n’y a pas de fatalité. Si l’offre est en phase avec la demande, si le commerçant est capable de s’adapter, d’innover, de se former, il peut réussir.

Le client aime la nouveauté. Et les commerces qui sauront répondre à cette attente continueront à fonctionner.

👉 Pour aller plus loin et passer concrètement à l’action, Olivier Bourdon propose une formation gratuite sur J’ouvre ma boutique conçue pour aider les futurs commerçants à structurer leur projet étape par étape, éviter les erreurs coûteuses et avancer avec méthode et sérénité.

Vous avez aimé ? Lisez ces autres articles !

Partager

Recevez notre newsletter positive sur le commerce local !

Pas de spam, que des bonnes nouvelles sur le commerce de proximité.