Face à la vacance commerciale en hausse, le gouvernement propose un nouvel outil aux collectivités : la charte « Ville commerçante ». Concrète, souple et évolutive, elle vise à fédérer les acteurs locaux autour d’un plan d’action partagé pour redynamiser les centres-villes. Zoom sur ce nouvel outil.
Mauvaise nouvelle pour les centres-villes. En 2024, la vacance commerciale dans les rues commerçantes françaises a atteint 14 %, contre 6 % en 2010, selon l’observatoire Codata. Un chiffre qui masque toutefois de fortes disparités : certaines villes moyennes accompagnées dans le cadre du programme Action Cœur de Ville réussissent à inverser la tendance, quand d’autres territoires ruraux ou périurbains continuent de voir leurs vitrines se vider.

La nouvelle réponse du gouvernement : la charte « Ville commerçante »
Annoncée en avril 2025 par Véronique Louwagie, ministre déléguée au Commerce, la charte « Ville commerçante » vise à offrir aux collectivités un cadre d’engagement partagé avec leurs commerçants et partenaires locaux.
Plutôt qu’un dispositif figé, la charte fonctionne comme une boîte à outils collaborative. Concrètement, les communes signataires s’engagent autour de 7 axes structurants, en adaptant leurs priorités à leur situation locale :
- Accessibilité (mobilité, stationnement, normes PMR)
- Durabilité (circuits courts, éco-responsabilité)
- Dynamisme et sécurité (diversité de l’offre, programmation)
- Visibilité
- Emploi et formation
- Urbanisme commercial (gestion de la vacance, outils fonciers)
- Gouvernance locale (dialogue, COPIL, suivi)
« Le commerce de proximité joue un rôle central, en tant que moteur de l’économie locale et facteur de lien social. […] Face à la vacance commerciale, nous devons agir ensemble. », selon Véronique Louwagie, ministre déléguée au Commerce.
Sur le terrain, des acteurs se mobilisent déjà. Des opticiens, interviewés par Fréquence Optic, s’impliquent par exemple dans les démarches locales aux côtés de leur mairie. À Quintin et Loudéac dans les Côtes-d’Armor, la ministre a présenté le dispositif en présence des élus et de commerçants engagés, soulignant son potentiel dans les zones rurales autant qu’en milieu urbain.
Comment rejoindre la Charte ? Le mode d’emploi en 5 étapes
1. Déclarez votre intérêt
Contactez votre préfecture pour signaler la volonté de votre commune ou intercommunalité de rejoindre la démarche. La préfecture vous mettra en relation avec l’équipe nationale pilotée par la DGE.
2. Recevez le kit de signature
Vous recevrez un kit complet contenant :
- Un modèle de charte
- Une boîte à outils de bonnes pratiques
- Les engagements de base à respecter (gouvernance, suivi, pilotage)
3. Créez une gouvernance locale
Un comité de pilotage (COPIL) doit être constitué avec les acteurs locaux : commerçants, associations, CCI, élus… Il devra se réunir au moins deux fois par an pour suivre les engagements.
4. Signez et valorisez
Une fois validée, la charte est signée officiellement. Vous pourrez :
- Communiquer localement sur votre engagement
- Apposer le logo officiel
- Être intégré à une communication nationale valorisant les signataires
5. Suivez et adaptez
Chaque COPIL est l’occasion d’évaluer les actions menées, d’adapter les priorités et de faire remonter vos résultats à l’équipe nationale. Un événement annuel national permettra à tous les signataires d’échanger sur leurs pratiques.
Une charte articulée avec d’autres dispositifs
Ce nouvel outil ne vient pas seul. Il s’intègre dans une stratégie plus large de revitalisation des commerces de proximité :
- Fonds de soutien aux commerces ruraux (14 M€, jusqu’à 75 000 € par projet)
- Fonds territorial d’accessibilité
- Financement de managers de commerce par les CCI
- Expérimentation “Achat Français” : occupation temporaire de cellules vacantes
- Réforme à venir de la Taxe sur les Friches Commerciales (TFC)
Le lien est aussi fort avec le dispositif de reconquête du commerce rural, qui a déjà soutenu plus de 130 communes, dont de nombreuses en Bretagne, Nouvelle-Aquitaine ou Auvergne.
Une ouverture vers les nouveaux défis : IA, transmission, numérique
Au-delà du foncier et de la gouvernance, l’État identifie de nouveaux défis pour le commerce de proximité, en particulier :
- L’adoption de l’IA avec le programme “Osez l’IA” soutenu par la CPME et les CCI, qui propose guides, accompagnement et bonnes pratiques aux commerçants.
- La transmission-reprise, enjeu crucial dans les villes vieillissantes
- L’adaptation aux mutations numériques, avec un besoin d’accompagnement ciblé sur le e-commerce, les réseaux sociaux, ou la fidélisation client
Depuis 2017, Petitscommerces accompagne les communes dans la mise en valeur de leur tissu commercial, la mobilisation des commerçants, et la création d’outils de redynamisation (cartes cadeaux locales, animations, portraits, concours…).
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